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28 avril 2020

COVID-19 : des outils de gestion et d’analyse de l’eau pour préparer le déconfinement

Alors qu’on commence à parler de déconfinement au Québec, deux professeures membres du Centre de recherche, développement et validation des technologies et procédés de traitement des eaux (CREDEAU) de Polytechnique Montréal travaillent sur des initiatives qui pourraient faciliter la reprise des activités ici comme ailleurs.

 

La première initiative vise la remise en service des bâtiments. Tout comme à Polytechnique, plusieurs ont été « mis sur pause » au cours des dernières semaines, entraînant l’eau des conduites à stagner. Une situation qui est idéale pour la prolifération des bactéries pathogènes, comme la légionelle, tout comme l’accumulation de métaux toxiques, comme le plomb, dans les conduites.

 

Bref, il faudra très bientôt nettoyer les réseaux d’eau froide et chaude dans des dizaines de milliers de bâtiments, et ce, sur une période de temps très courte. Pareil nettoyage devient incontournable pour éviter les risques à la santé des usagers qui utilisent l’eau dans les bâtiments.

 

Michèle Prévost, professeure titulaire au Département des génies civil, géologique et des mines à Polytechnique Montréal, a voulu guider les gestionnaires qui s'interrogeraient sur la marche à suivre pour la réalimentation de leurs édifices en eau.

 

« Il est rare que les canalisations d’un bâtiment soient mises à l’arrêt durant plusieurs mois comme on le fait présentement », explique la titulaire de la Chaire industrielle CRSNG en eau potable (CICEP). « La plupart du temps, on nettoie seulement les réseaux internes lors de la mise en route d’un nouveau bâtiment avant son ouverture. Avec la longue période d’inutilisation qu’on connaît présentement, il faudra remettre ces bâtiments en service avant le retour des occupants pour rétablir la qualité de l’eau. »

 

Avec un collectif de chercheuses et de chercheurs américains, Michèle Prévost a épluché la littérature scientifique sur le sujet, puis a condensé ses observations dans une revue de la littérature rendue publique dernièrement. Question de s’assurer que leurs recommandations retiennent l’attention, les chercheuses et les chercheurs ont ensuite créé une série de lignes directrices ciblant des groupes précis, allant du simple propriétaire d’un édifice au gestionnaire d’un centre hospitalier, en passant par les sociétés d’eau municipales.

 

La professeure Prévost a également coordonné le travail d’un comité impliquant la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) et la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec (CMMTQ) pour produire un protocole de rinçage des réseaux d’eau chaude et froide qui pourra être utilisé lors de la levée des restrictions d’ouverture.

 

« L’objectif, c’est de produire des guides simplifiés qui permettent d’assurer un nettoyage efficace des réseaux », précise Michèle Prévost. « On veut que les protocoles de remise en service des conduites d’eau soient les plus clairs possible pour accompagner les gestionnaires des bâtiments, des plus petits aux plus grands. »

 

Et le SARS-CoV-2 dans tout ça? La possible présence dans les conduites du virus de la COVID-19 n’inquiète pas la spécialiste. « L’eau potable ne contient pas de virus de la COVID-19, car le virus est très sensible au chlore présent dans notre eau potable. L’eau du robinet n’est pas une source d’exposition », affirme-t-elle.

 

Suivre la trace du SARS-CoV-2

De son côté, Sarah Dorner, professeure titulaire au Département des génies civil, géologique et des mines à Polytechnique Montréal, entend traquer le virus derrière la COVID-19 dans les eaux usées de la ville de Montréal en identifiant, puis en quantifiant son ARN, soit ce qui lui sert de matériel génétique.

 

« La présence de virus inactifs dans les eaux usées ne représente pas un danger », souligne Sarah Dorner. « On veut surtout utiliser cette information pour appuyer tout ce qui se fait en épidémiologie et peut-être voir venir à l’avance une deuxième vague d’infections. »

L’équipe de la professeure Dorner s’est déjà mise au travail et collecte depuis mars dernier des échantillons d’eaux usées à l’usine d’épuration de Montréal. Chacun de ces échantillons attend maintenant patiemment d’être étudié dans un réfrigérateur à -80 degrés Celsius.

 

« On a plusieurs défis à surmonter », admet Sarah Dorner. Outre d’assurer le transport sécurisé des échantillons vers le laboratoire, son groupe doit aussi mettre la main sur les réactifs qui permettront de détecter la présence de l’ARN viral par amplification (RT-PCR). Or, ces réactifs sont les mêmes qui servent à une partie des tests diagnostic du COVID-19. « La priorité revient vraiment aux tests », souligne-t-elle.

 

D’autres problèmes, notamment la présence d’inhibiteurs dans les échantillons, devront être résolus avant qu’une analyse régulière des échantillons soit entamée. La chercheuse collabore avec d’autres membres du Réseau canadien de l’eau ainsi qu’avec une équipe des Pays-Bas pour surmonter ces contraintes.

 

De gauche à droite : Michèle Prévost, professeure titulaire au Département des génies civil, géologique et des mines et titulaire de la Chaire industrielle CRSNG en eau potable (CICEP). (Photo : Tom Morin Photographe); Sarah Dorner, professeure titulaire au Département des génies civil, géologique et des mines. (Photo : Denis Bernier Photographe)

 

Source : Polytechnique Montréal

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