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4 juillet 2019

Nouvelle - Les Navigateurs quittent la Fédération des commissions scolaires

Le Soleil - Édition 26 juin 2019

Article rédigé par Baptiste Ricard-Châtelain

 

Prête à collaborer avec le gouvernement pour réformer la gouvernance du réseau de l’éducation, la Commission scolaire des Navigateurs (CSDN) annonce sa désaffection de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) qu’elle juge braquée.

 

Les établissements primaires et secondaires de la Rive-Sud de la capitale évaluent donc qu’il vaut mieux participer à la réflexion de la Coalition avenir Québec, notamment sur les impopulaires élections scolaires, que de militer pour le statu quo. «Nous voulons ouvrir ce débat-là et examiner d’autres possibilités», explique le président de la CSDN, Jérôme Demers, en entrevue téléphonique. «Si on se limite au suffrage universel, on écarte plein de possibilités qu’on n’a pas pris le temps d’examiner.»

 

Le conseil de la CSDN s’affiche donc en désaccord avec la Fédération des commissions scolaires du Québec qui poursuit l’organisation du prochain scrutin national. «Une divergence d’opinions» assez forte pour que les élus de la Rive-Sud aient choisi, mardi soir, de se désaffilier de la fédé.

 

«Ce n’est pas une décision frivole ou sur le coup de l’émotion», assure Jérôme Demers. «On préfère porter notre message de notre côté. Et la Fédération pourra porter le sien de son côté ; nous on n’est pas en situation d’affrontement, au contraire.»

 

Le président de la CSDN souhaite donc livrer sa vision directement au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. «On trouve que cette façon de faire là est plus efficace pour nous actuellement parce que notre message diverge de celui de la Fédération.»

 

Jérôme Demers et son équipe entendent peaufiner leur dossier afin de faire une proposition concrète au gouvernement fin août, pour la rentrée scolaire.

 

« On préfère porter notre message de notre côté. Et la Fédération pourra porter le sien de son côté; nous on n’est pas en situation d’affrontement, au contraire »
Jérôme Demers, président de la Commission scolaire des Navigateurs

 

Il est néanmoins acquis que la CSDN demandera de conserver une structure où siégeront des représentants locaux dans les futurs «centres administratifs» qui pourraient remplacer les commissions scolaires. M. Demers prévient, en outre, qu’il faudra maintenir l’aspect démocratique de la nomination des commissaires scolaires : «On ne souhaite pas que le ministre, ou une autre organisation qu’il pourrait désigner, choisisse des gens et qu’il les nomme, qu’il les impose au milieu.»

 

«On souhaite que les prochains dirigeants de la commission scolaire soient des gens élus par le milieu d’une quelconque façon.» Cela pourrait signifier, par exemple, que les comités de parents seraient mandatés pour «élire» des représentants. Tout comme les employés des écoles.

 

Incompréhension

 

En entrevue téléphonique, le président de la FCSQ Alain Fortier convient qu’il est très rare qu’une commission scolaire tourne le dos à son regroupement national. Il se dit d’avis que l’union des forces vaut mieux que la division à l’aube du grand débat sur la gouvernance du réseau.

 

M. Fortier avance que son organisation n’est «pas fermée à une réflexion» sur le mode électoral ou les moyens pour favoriser la participation citoyenne. Il veut toutefois éviter un glissement du pouvoir vers le cabinet ministériel. «L’école publique appartient aux citoyens et, non pas, à un seul parti politique ou à un seul individu.»

 

D’attaque, Alain Fortier questionne au passage les motivations du président de la Commission scolaire des Navigateurs, Jérôme Demers, qui a tenté de ravir son poste sans succès durant l’Assemblée générale annuelle de la Fédération au début du mois.

 

+

 

LE MINISTRE ROBERGE PAS SURPRIS

 

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge n’est «pas surpris» que des élus scolaires disent haut et fort qu’ils souhaitent travailler avec le gouvernement, comme l’a fait la commission scolaire des Navigateurs.

 

«J’ai eu plusieurs conversations privées avec des commissaires, même des présidents de commissions scolaires qui sont d’accord avec ce qu’on va faire, qui savent que le système est dysfonctionnel», a-t-il réagi mercredi.

 

M. Roberge croit que la plupart des élus scolaires sont «là pour les bonnes raisons», soit les services aux élèves. «De voir des commissaires qui saisissent la balle au bond, qui décident de travailler avec le gouvernement pour améliorer la gouvernance, je pense que ça tombe sous le sens. J’étais convaincu que ça allait arriver.»

 

Le ministre de l’Éducation explique qu’il est ouvert à discuter avec tous les élus scolaires, qu’ils soient membres ou non de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ). Il va d’ailleurs rencontrer «prochainement» les élus de la commission scolaire des Navigateurs pour discuter de leurs idées.

 

M. Roberge dit également entretenir des relations «très cordiales» avec Alain Fortier, président de la FCSQ. «Je pense qu’ils sont un peu en opposition avec la modernisation de la gouvernance, l’élimination des élections scolaires, mais il reste encore du temps. Il y a des périodes de réflexion qui vont se faire cet été. J’ai confiance qu’ils vont continuer d’y penser», a-t-il soumis.

 

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec s’est engagé à mettre fin aux élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de services aux écoles. Un projet de loi en ce sens devrait être déposé à l’automne. Patricia Cloutier 

 

Source : Le Soleil

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