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4 mai 2020

Un projet de recherche pour aider les municipalités à gérer les risques liés aux inondations

 

Les inondations historiques qu’ont subies plusieurs municipalités, en 2017 et en 2019, ont été éprouvantes pour les résidants qui en ont été victimes et pour les administrations municipales qui ont eu à en gérer les conséquences.

 

Aussi, une équipe de chercheurs de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal s’affaire à réaliser une étude visant à soutenir les municipalités dans leur gestion du risque grâce à l'appui du ministère de la Sécurité publique du Québec.

 

Cette recherche a pour but de recenser à travers le monde les meilleures pratiques en matière de retour d’expérience, de rétablissement et de reconstruction résiliente et de les transposer dans la réalité du Québec.

 

Des études de cas sur les retours d’expérience

 

Ce projet s’inscrit dans la continuité de la recherche dirigée depuis 2017 par Isabelle Thomas, professeure titulaire à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’UdeM, portant sur les retours d’expérience pour mieux outiller les municipalités afin qu’elles soient en mesure d’affronter ce type de catastrophe et de s’y adapter.

 

Intitulé Territoires, de la vulnérabilité à la résilience: les retours d’expérience pour l’atténuation des risques reliés aux inondations, ce projet de recherche appliquée vise l’élaboration d’une méthode de retour d’expérience appropriée au contexte local et englobant les quatre dimensions de la sécurité civile, soit la prévention, la préparation, l’intervention d’urgence et le rétablissement1.

 

«À la suite des inondations de 2017, il est apparu essentiel d’établir une méthodologie accessible relative aux retours d’expérience sur les inondations et leurs conséquences afin de présenter une vision commune et des stratégies d’adaptation pour l’ensemble du Québec», contextualise Isabelle Thomas.

 

Dans un premier temps, son équipe a effectué une revue de la littérature des retours d’expérience dans le monde et particulièrement en France, «où il existe des approches d’aménagement du territoire qui favorisent la résilience pour mieux vivre avec les inondations et qui pourraient être intégrées dans les politiques publiques du Québec», indique la professeure.

 

Les chercheurs ont ensuite entrepris deux études de cas auprès de municipalités ayant obtenu une dérogation gouvernementale pour permettre la reconstruction de résidences endommagées à plus de 50 % de leur valeur dans des zones où des inondations peuvent survenir dans un intervalle de 0 à 20 ans.

 

Ces études de cas ont été menées à Deux-Montagnes et à Gatineau, où les chercheurs se sont entretenus avec des sinistrés des inondations de 2017 et avec des acteurs locaux de la gestion du risque d’inondation.

 

Il est à noter que deux étudiants de maîtrise ont tiré parti de cette recherche pour finaliser leur mémoire, Catherine Perras et Valentin Courteille, qui sont maintenant diplômés de l’UdeM. La poursuite du projet est assurée par une équipe que dirige Mme Thomas et qui est composée d’Alexandre Gagnon et d’Aglaé Casault, agents de recherche, et d’étudiants de deuxième cycle.

 

Faire évoluer les pratiques et les mentalités


Dans un premier rapport de synthèse déposé en août dernier, Mme Thomas indique notamment qu’il existait une grande méconnaissance du risque d'inondation au sein des populations touchées par les crues.

 

Par exemple, à Deux-Montagnes, parmi les personnes interrogées, près de deux habitants sur trois (63 %) ignoraient résider en zone inondable. Ce taux était de 50 % à Gatineau!

 

Plus encore, «56 % des résidences inondées à Gatineau l’avaient été par le passé, comparativement à 38 % à Deux-Montagnes, expose la professeure. Les personnes sinistrées n’ont souvent appris cette information qu’après les inondations de 2017».

 

Tous ces gens ont toutefois retenu la leçon: 99 % des résidants qui ont quitté leur quartier savent désormais s’ils habitent ou non dans une zone inondable… et la majorité se sont installés en zone non inondable.

 

Par ailleurs, l’ensemble des personnes questionnées à Deux-Montagnes avaient pris au moins une mesure d’urgence ‒ comme installer des sacs de sable et des pompes ‒ lorsque les eaux ont quitté le lit de la rivière des Outaouais. À Gatineau, ils étaient 75 % à avoir pris ce genre de mesure.

 

Enfin, les deux études de cas révèlent que les gens seuls et âgés sont particulièrement vulnérables et ont des besoins particuliers sur les plans du soutien et de la communication.

 

Le rapport de synthèse comporte de nombreuses recommandations touchant à la prévention des sinistres, la préparation aux inondations, les interventions d’urgence et le rétablissement à la suite du sinistre.

 

«Le suivi du rapport montre qu’un changement des pratiques et des mentalités est à l’œuvre tant par la sensibilisation que par l’expérience du risque, qui participe à une meilleure adaptation des villes québécoises aux inondations», assure Isabelle Thomas.

 

D’autres études de cas en cours


D’autres municipalités pourront bénéficier de l’expertise d’Isabelle Thomas et de son équipe en matière de retour d’expérience, dont Sainte-Marthe-sur-le-Lac et Saint-André-d’Argenteuil. Par ailleurs, l’équipe dresse des diagnostics de vulnérabilité destinés à alimenter la réflexion sur les besoins en termes de reconstruction résiliente et de stratégies de communication du risque.

 

«Ce projet de recherche-action est rendu possible grâce à la collaboration de l’équipe de Pascal Marceau, et en particulier de Jonathan Hume, du ministère de la Sécurité publique, dans le cadre du programme de prévention des sinistres, conclut Isabelle Thomas. Ce financement est fondamental, car il permet de travailler sur le terrain et d’établir des diagnostics précis en ce qui a trait aux enjeux et aux besoins en matière d’aménagements résilients.»

 

1. Le projet d’une méthodologie de retour d’expérience s’inscrit dans le cadre du projet COPARI-TREX, une collaboration entre les chercheurs du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement d’Aix-en-Provence, le ministère de la Sécurité publique du Québec et l’Université de Montréal.

 

Source : Université de Montréal

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