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Publié par CSST
Pour mieux circonscrire les dangers de l’amiante

Tiré du Dossier Amiante, Prévention au travail, Hiver 2013-2014
Pour mieux circonscrire les dangers de l’amiante

Par Guy Sabourin

 

« Amiante » est un terme commercial qui désigne un silicate de magnésium et de calcium. Ses cristaux d’aspect feutré se présentent en fibres qui peuvent ensuite être tissées. L’amiante est soit serpentine (chrysotile), soit amphibole (crocidolite, amosite, actinolite, anthrophyllite ou trémolite). Sa résistance aux températures élevées, à l’attaque des substances chimiques, à la traction, à la flexion et à l’usure en fait un produit convoité. Mélangé à divers matériaux, l’amiante en accroît la solidité et la résistance, d’où son énorme popularité. On ne compte plus aujourd’hui les matériaux qui en contiennent.

 

On a introduit de l’amiante dans une impressionnante panoplie de matériaux de construction, si bien que toutes les bâtisses, particulièrement celles érigées avant 1980, dans la province peuvent en contenir, y compris les ouvrages de génie civil. Par exemple, il peut y avoir de l’amiante dans les flocages (isolants projetés), la bourre des fours, les canalisations, les chauffe-eau, les appareils frigorifiques, les panneaux d’isolation, les joints d’étanchéité de fours ou de chaudières, les portes et les cloisons coupe-feu, le plâtre, les crépis décoratifs et les composés à joints, les gaines de fils électriques, le ruban isolant, le stuc, les tuiles de faux plafond, les carreaux en vinyle, les conduits de ventilation, les colles à plancher, les matériaux d’insonorisation, les patins de freins d’ascenseurs, les enrobés bitumineux, les panneaux et les tuyaux en fibrociment, les calorifuges, les bardeaux et les cartons bitumés de toiture, les cloisons de panneaux électriques, etc.

 

Tous les travailleurs des milieux de la démolition, de la rénovation, de l’entretien des bâtiments, ainsi que les plombiers, les soudeurs, les tuyauteurs, les ferblantiers, les électriciens, les calorifugeurs, les frigoristes, les mécaniciens en protection des incendies, les poseurs d’appareils de chauffage, les manœuvres, les chaudronniers et les câbleurs sont aujourd’hui susceptibles d’être exposés à l’amiante. L’amiante encapsulé et prisonnier dans un matériau inerte ne pose aucun problème. Mais quand des matériaux qui en contiennent se dégradent ou quand des ouvriers les coupent, les scient, les fendent ou les démolissent, des particules d’amiante se remettent en circulation dans l’air.

 

Liens utiles proposés par l’AGPI :

 

Un cas concret - La Société immobilière du Québec
La SIQ gère un parc d’environ 375 immeubles : les palais de justice, les postes de la Sûreté du Québec, les établissements de détention, des espaces à bureau, des laboratoires, etc.

 

Avec l’amiante, la SIQ n’a pas lésiné. Dans les années 90, elle a caractérisé tous les matériaux des immeubles construits avant 1985. « Il a fallu deux années pour en faire le tour et tous les matériaux pouvant contenir de l’amiante ont été consignés dans un registre », explique Isabelle Verret, porte-parole pour la SIQ.

 

La SIQ a ensuite élaboré des plans de gestion préventifs de l’amiante et l’information a été communiquée à tous les locataires des immeubles. L’an dernier, à l’automne 2012, informée de l’apparition du nouveau règlement de la CSST, la SIQ a commencé à caractériser les flocages et les calorifuges des immeubles construits entre 1985 et 1999, soit d’une trentaine de bâtisses, puis à mettre ses registres à jour.

 

« Avant d’entreprendre des travaux, nous avons toujours fait analyser les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante, parce qu’il peut y en avoir presque partout. Nous procédons ainsi pour assurer la sécurité de tous les intervenants », ajoute Martin Roy, de la Direction des communications de la SIQ.

 

La SIQ avait deux options : effectuer tous les travaux en condition d’amiante, ce qui représentait des coûts substantiels ou caractériser avant les travaux pour enlever la présomption de présence d’amiante. « Pour réduire les coûts, nous avons opté pour la caractérisation préalable aux travaux », précise Isabelle Verret. En présence d’amiante, la SIQ initiait une phase du projet de rénovation uniquement en mode désamiantage. « De cette façon, on diminue énormément les risques d’exposition de tous les travailleurs car seul le spécialiste en désamiantage se trouve sur les lieux avec son équipement de protection.»

 

Avec l’entrée en vigueur du nouveau règlement, la SIQ s’affaire à transmettre à ses locataires, soit ministères et organismes, les registres qu’ils ont désormais la responsabilité de tenir à jour.

 

Tout ce qu’il faut savoir sur les nouvelles dispositions réglementaires, qui modifient le Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) depuis juin 2013 et le Code de sécurité pour les travaux de construction, se trouve dans le guide Gestion sécuritaire de l’amiante, prévenir l’exposition des travailleurs à l’amiante, produit par la CSST.


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